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***** Dans le numéro précédent, quelqu'un nous faisait entendre que "ce que femme veut, Dieu veut!" En cette fin d'année 1996, où en sommes-nous avec les activités des dames de la LI.-SO.F.HA.C. Y
- Merci beaucoup de l'intérêt que vous portez sur nous, nous saisissons d'ailleurs cette occasion pour exprimer notre gratitude à toutes les personnes qui, comme vous manifestent de l'attachement pour notre structure.
- Beaucoup de personnes s'intéressent donc à vous! Pouvez-vous nous dire ce qu'ils font exactement.
- Bien sûr, nous vous les présenterons, mais permettez nous d'abord de vous faire état de nos activités pour l'année qui s'achève et par la suite nous vous parlerons de nos amis.
RAPPORT D'ACTIVITES POUR L'ANNEE 1996
Sommaire:
I - Bilan d'activités.
I- Bilan d'activités
Contrairement à ce que nous avons toujours fait avec les autres rapports, et suivant les conseils de certains sympathisants, le rapport financier ne sera pas joint à ce bilan: il fera objet à part et pourra être présenté aux personnes qui veulent avoir des informations, à la demande.
A - Rencontres:
Au cours de cette année 1996, nous avons tenu 11 rencontres mensuelles ayant pour objet le débat des problèmes de l'association, et surtout chercher les voies et moyens de les résoudre.
Les principaux ont été les suivants:
1- Les difficultés d'acquisition des objets usuels de la vie de tous les jours. La plupart des membres du groupe ayant des moyens très réduits pour se procurer régulièrement du savon, des allumettes et autres articles de nécessité, nous avons institué une cautisation de morceaux de savon, de boîtes d'allumettes et de verres de sel. Chaque jour de rencontre, les membres apportent chacun un morceau de savon de 400 grammes, une boîte de 10 carrés d'allumettes et un verre de sel, on les remet à une personne et cela lui servira pour toute l'année. Pour satisfaire tout le monde, nous avons réparti 4 groupes de 11 personnes, ainsi 44 membres ont été servis.
Par ailleurs des âmes de bonne volonté nous ont apporté 5 sacs de sel de 18 kg, 50 litres de pétrole et des vêtements, 30 litres d'huile. Nous avons partagé ces choses aux membres de l'association et à leurs familles.
2- Les difficultés pour la scolarisation des enfants handicapés et des enfants nés de parents handicapés. Pendant les rentrées scolaires, les membres de l'association rencontrent des barrières pour inscrire leurs enfants à l'école ou pour payer la scolarité et même pour se procurer des fournitures scolaires. Pour résoudre certains de ces problèmes, nous sommes intervenus dans 7 cas; 4 ont été acceptés à l'école de Nsimalen et 3 à Essazok, tous nés de parents handicapés. Nous exprimons ici notre gratitude aux dirigeants de ces établissements.
Cinq (5) autres cas ont sollicité l'inscription au secondaire, nous les avons orientés au Service départemental de la Merou où les travailleurs sociaux s'en ont occupés.
Pour les frais de scolarité et de fournitures scolaires, nous avons présenté des dossiers des demande d'aide auprès des ONG, malheureusement, nous n'avons eu aucune réponse.
B- Interventions auprès des Autorités:
Nous avons été saisies par une dame handicapée que les voisins avait battue. Nous avons sollicité l'intervention des Autorités administratives. Elles s'en s'ont bien occupées.
C- Le Centre des Oeuvres:
Depuis 1994, la LISOFHAC a entrepris la création d'un centre ayant pour but la canalisation des énergies en permettant aux femmes handicapées, ét à toutes les personnes qui veulent faire route avec elles d'exercer leurs talents; ce qui amènera concrètement l'intégration des femmes handicapées dans la communauté.
Ce centre en construction (tout étant fonctionnel) comprend 3 unités: l'unité de rééducation fonctionnelle, l'unité de formation et de production, et le foyer d'accueil. Si vous voulez, suivez attentivement ce qui s'est passé dans chaque unite durant l'année 1996.
1- A l'unité de rééducation fonctionnelle,
Nous avons rééduqué 52 patients
- Soit 22 cas relevant de la de la rhumatologie dont 9 dorsalgies,
8 lombalgies et 5 gonarthroses;
- 4 cas de polio;
- 1 cas de drépanocytose (avec désarticulations figées);
- 7 cas traumatiques, dont 4 blessés médullaires (2 tétraplégiques et 2 paraplégiques), 2 sections tendineuses des extrémités distales des membres supérieurs et, fracture du 1/3 supérieur du fémur sur un bébé de 3 mois;
- 3 IMC (infirmes moteurs cérébraux);
- 4 aveugles à qui nous avons appris la mobilité.
Nous avons assuré l'encadrement de 3 stagiaires: 2 Camerounais désirant apprendre la rééducation fonctionnelle et une étudiante suisse de l'Ecole d'Ergothérap’e de Lausanne. Cette dernière était liée à nous par un contrat de stage signé entre l'Ecole d'ergothérapie de Lausanne et le Centre des Oeuvres de la LISOFHAC. Ceci a été le début d'une relation importante, non seulement pour l'école de Suisse, mais pour d'autres écoles en France et au Canada qui n'ont pas tardé à faire appel à nous pour l'encadrement des stages de leurs étudiants.
2- A l'unité de formation et de production.
Nous avons formé 20 jeunes en artisanat textile et en éducation civique. Parmi eux il y avait 5 handicapées (une sourde-muette et 4 handicapées physiques), 10 jeunes issus de parents handicapés et 5 jeunes valides de parents valides.
Le programme d'artisanat textile comprenait la coupe, la couture, la broderie, le crochet et la teinture; celui d'education critique était essentiellement fait de notioné de francçais, de notions de mathématiques, de notions d'économie domestique, de puériculture, de culture génerale et d'horticulture. Notre horticulture est particulièrement axée sur la plante ornementale.
Sept personnes (7) ayant des profils variés ont participé à l'encadrement et à la formation des jeunes. Parmi elles il y avait 4 femmes handicapées, 1 dame valide et 2 messieurs (1 valide et 1 handicapé).
3- Au foyer d'accueil:
Ici nous avons accueilli 60 personnes qui avaient besoin de notre encadrement et de nos services. Pour les nourrir, nous avons cultivé les vivres qui ont assuré le tiers (1/3) des frais de ration annuelle du foyer.
II- Difficultés
La LISOFHAC a d'énormes difficultés de fonctionnement relevant particulièrement du Centre des Oeuvres, dans les différentes unités le manque de matériel est très fort, par exemple:
Au niveau de la rééducation fonctionnelle, les cas que nous avons demandent de plus en plus des outils de traitement tels que du matériel de mobilisation des articulations tant des membres supérieurs que des menbres inférieurs, de traction pour le rachis, bref tout ce qui est nécessaire pour le traitement kinésithérapeutique ou ergothérapeutique, de même que des outils de déambulation tels que les fauteuils roulants, les cannes, les béquilles, les cadres de marche à roulettes ou simples. Nous recevons de plus en plus des patients présentant des escarres (plaies de lit) et nous n'avons pas le matériel nécessaire pour les servir: des outils de pansement tel que des produits antiseptiques et aseptiques, des compresses, des bandes collantes, des ciseaux d'infirmier pour l'élimination des tissus morts.
A la formation, il nous manque des outils de formation et de travail en artisanat textile, en horticulture, tels que des ciseaux de coupe, des tissus, du fil, de la ficelle, de la laine...des machettes, des houes et des brouettes, pics, pioches...
Au foyer d'accueil, nous avons besoin de matelas couverts de skail pour les lits que nous avons, il nous manque vraiment des moyens pour nourrir les personnes en difficulté que nous accueillons.
III- Conclusions et suggestions
En conclusion, l'année 1996 a été une période pleine de travail, ce qui nous a fait participer à notre manière à l'édification nationale et internationale. Nous tenons ici à remercier toutes les personnes qui nous ont soutenues. Nous pensons particulièrement aux gentilles dames du club INNER WEEL de Yaoundé qui nous ont apporté des vivres et des articles de toilette et vestimentaires tout au début de l'année, ce qui nous a permis de faire notre arbre de Noë '95' (qui allait passer sous silence) en janvier 96!!! Nous pensons à nos amis à l'Agence de coopération internationale pour les personnes handicapées basée au Canada qui nous ont permis d'avoir du matériel de travail pour la formation des jeunes! Nous pensons aux Associations de charite de Saint Vincent de Paul qui nous ont fait remplacer le toit de paille du foyer d'accueil par de la tôle ondulée, ce qui a mis les occupants à l'abri des violences des tornades! Nous pensons au Révérend Père Danilo de Zouzoui et aux amis de la Soeur Marie Agathe de Nsimalen en Suisse qui ont concouru à l'installation des outils de traitement (petit bassin, espalier, barres parallèles et les marches de rééducation). Nous pensons aux responsables de l'Ecole d'ergothérapie de Lausanne en Suisse qui nous ont confié l'encadrement de stage de leurs étudiants! Nous pensons à David Ndachi Tagné du CRAC et à Jean-Marie Volet de l'Université de Western Australia/ Department of French Studies qui ont fait placer nos coordonnées dans le circuit de communications universitaire.
- Dis-donc! Beaucoup de gens s'intéressent à vous!
- Oui, et avec raison et nous voulons leur dire:
Nous continuons le travail commencé et nous comptons sur eux pour évoluer de mieux en mieux.
Par ailleurs, nous lançons un VIBRANT APPEL DE SOLIDARITE à tous les citoyens du monde pour qu'ils puissent faire chacun à leur niveau des gestes qui sauvent afin que nous puissions faire des choses de plus en plus constructives.
Et très grand merci pour votre attention.