B.P. 13144 Yaoundé, Cameroun
*****
Eh bien voilà, encore 12 mois pleins d'activités se sont écoulés avec des joies et des peines, des sourires et des larmes, des résultats positifs et négatifs. Comme partout dans le monde, la LISOFHAC n'a pas échappé à la règle...
- Ça ! Mesdames, nous connaissons votre caractère volubile, avant que vous nous rappeliez votre : <<ce que femme veut, Dieu le veut>>, dites-nous ce que ce Bon Dieu qui vous écoute souvent vous a encore permis cette année.
- Merci Monsieur. Votre humour nous touche profondément. Sans tarder, nous vous donnons le plaisir de découvrir notre rapport d'activités pour l'année qui s'achève.
I - Bilan d'activités:
Les cinquante (50) membres de la LISOFHAC se rencontrent chaque dernier samedi du mois de Janvier à Novembre; et en Décembre ils choisissent un samedi à leur convenance pour célébrer la fin de l'année.
Au cours de leur retrouvailles ils posent de nombreux actes sociaux ayant pour but de répondre aux besoins des uns et des autres.
La LISOFHAC a participé au niveau national à des journées Internationales telles que la journée internationale de la femme, à la journée mondiale des personnes handicapées, et à la présentation du rapport de l'UNICEF sur la situation des enfants dans le monde en 1999. Cette dernière a été organisée sur invitation de son Excellence Mme l'Ambassadeur d'Israël au Cameroun. A cette occasion nous avons remis aux responsables de l'UNICEF au Cameroun notre rapport d'activités de 1997.
Dans le souci de subvenir à nos besoins, nous avons ouvert des caisses que nous alimentons chaque jour de rencontre. Elles sont les suivantes:
B.1 - La caisse secours. Chaque membre a mis 200F par mois et nous avons pu totaliser ainsi 106 000 F. Il faut remarquer qu'un sympathisant qui était content d'apprendre l'existence d'une caisse pareille a donné 5 00 FCFA pour nous encourager. Cette somme a servi pour payer les frais médicaux de deux membres de l'association qui étaient hospitalisés. On a aussi aidé une dame handicapée qui a perdu son mari.
B.2 La caisse personnelle a servi d'épargne pour les membres de l'association avec l'avantage de faire des crédits remboursables à taux d'intérêt de 5%. Dans cette caisse nous avons réuni une somme de 312 150 FCFA. (Seuls les membres de la LISOFHAC étaient autorisés à prendre les crédits afin d'éviter les abus).
B.3 La caisse ration a servi aux festivités de fin d'année pour les membres. Elle nous a donné la somme de 78 000 FCFA. Et la fête fut belle!
B.4 La cotisation du savon et des allumettes a connu son succès d'entant. Chaque membre a obtenu 12 morceaux de savons de 400g et 12 paquets de 10 boîtes d'allumettes. Ceci suivant un calendrier.
B.5 La caisse LISOFHAC a été ouverte pour faire le suivi des activités du centre. Chaque membre devait mettre ce qu'elle possède à partir de 200F. Elle a encaissé une somme de 100 800 FCFA.
B.6 Nous avons placé 5 enfants nés de parents handicapés dans des écoles et collèges : 3 à l'école primaire de Nsimalen; à l'Institut Catholique Père Monti et l'autre au centre de formation en informatique à Promhandicam. Certains de ces cas ont bénéficié de la moitié des frais.
B.7 Nous avons trouvé un parrainage scolaire à 8 enfants nés de parents handicapés.
Il est toujours en construction bien qu'étant fonctionnel. Comme vous le savez, il comprend 3 unités: l'unité de rééducation fonctionnelle, l'unité de formation et production et le foyer d'accueil.
- 12 jeunes ont été formés en artisanat textile et en éducation civique parmi lesquels 6 handicapés (5 filles et 1 garçon), 4 jeunes filles nées de parents handicapés et 2 jeunes filles valides de parents valides, mais très démunis.
Au cours de leur formation, ils ont réalisé les articles suivants:
Ici, nous butons toujours contre l'éternel problème d'écoulement des articles.
Nous avons accueilli 63 personnes. Certains (59) sont venus pour bénéficier des services ; d'autres (4) pour en offrir : Mademoiselle Wos Véronique de nationalité belge a donné des cours de français et de mathématiques à l'unité de formation; Gilles et Catherine Vanlil de l'ONG Quartier Jeunes (Bruxelles) sont venus prêter main forte pour les travaux de construction; Anne-Sophie Corthay de l'Association Métissage (Suisse) a particpé à divers travaux au centre.
La grande difficulté que nous avons eue ici était de nourrir tout ce monde, de veiller à leur santé et à leur bien-être. Le manque d'eau a été un grand préjudice.
L'encadrement, la formation, la rééducation fonctionnelle et les soins étaient assurés par onze personnes de formations différentes.
La construction du Centre est progressive : en 1994, lorsque nous avons commencé à fonctionner, il y avait un seul bâtiment. Quelques temps après et par rapport aux besoins, nous avons entrepris la construction du dortoir avec des briques de terre aux murs et du raphia au toit. Cela nous a permis d'accueillir les premiers résidents. En 1995, nous avons remplacé le raphia par de la tôle ondulée grâce à l'appui des Associations de charité de Saint Vincent de Paul. Nous faisons la cuisine dans un hangar, il n'y avait pas de salle commune. En 1997, nous avons fait crépir le dortoir, et mis sur pied la cuisine et la salle commune; ces deux salles ne sont pas crépies, mais elles nous permettent de nous mouvoir aisément. Au cours de l'année 1998 donc, des jeunes belges organisés en association, nous ont fait démarrer les travaux de fondation de la construction de l'unité de formation qui sont actuellement finis. Pour aller au bout de ces travaux de fondation, nous avons fait appel à la Fédération Nationale des Associations des Handicapés du Cameroun. A tout Seigneur, tout honneur : grâce à la FENAHCAM, nous avons pu acquérir certains matériaux auprès de certaines sociétés : Eccam Placage à Mbalmayo et Cimencam à Douala. Nous faisons remarquer que la FENAHCAM a touché beaucoup de sociétés. Seules ces deux maisons ont répondu.
Je m'appelle NGBWA Jeanine; je suis la doyenne du centre. C'est pour cela que
je prends la parole la première. Je suis venue ici en sautillant sur une
jambe, à l'aide d'un bâton. J'avais 16 ans quand je suis venue. Comme je
suis de petite nature, j'avais l'air d'un enfant de 9 ans. Mon père et
la religieuse (Soeur Marie Agathe) qui m'ont accompagnée disaient qu'on
pouvait peut-être encore faire quelque chose pour ma jambe.
Personnellement, je ne pensais à rien. Je n'avais jamais su qu'un jour
je pourrais marcher. On a donc commencé à tirer la jambe qui
était pliée. Ça faisait très mal. Après un
an de travail, et de douleurs à supporter, la jambe était tendue.
J'ai commencé à marcher. Actuellement j'apprends à
travailler manuellement, c'est-à-dire broder, tricoter, coudre.
Tenez-vous bien, je fais déjà de belles choses!
Moi, je m'appelle Marie Pélagie BETEH. J'aime qu'on m'appelle
Pélage. Je suis venue ici parce que mon pied droit était
très malade, seuls les orteils se posaient par terre et je prenais
appui au genou. Cela me gênait beaucoup. Quand je mettais une belle
robe, c'était comme ça, je ne me sentais pas à l'aise.
Mon père m'a dit que cela m'est arrivé après la mort de
maman, quand j'avais un an. Il n'avait pas le temps pour m'amener à
l'hôpital. Il devait travailler dur pour nourrir mes frères et
moi. Ici, on m'a redressé la cheville; c'était très
douloureux. Je marche actuellement sans tenir le genou. Seulement je ne pose
pas complètement le pied au sol. Il semble qu'il faut opérer.
Mais alors, il faut des moyens, ni mes parents, ni le centre n'en ont. Ici
j'apprends beaucoup de choses : coudre, tricoter, broder et surtout j'apprends
à m'occuper des autres. Cela me plais beaucoup. Je voudrais donc
demander aux personnes qui liront ces lignes de passer nous visiter et aussi
d'aider les responsables du Centre parce qu'ils manquent de moyens. Merci de
votre attention.
Moi je suis DANRA David. On m'appelle aussi Roger Milla parce que je jouais
beaucoup au football lorsque j'étais en bonne santé. Si vous
arrivez dans ma chambre, vous verrez plein de coupes du monde et des affiches.
En fait je suis ici au centre depuis deux ans aujourd'hui à cause des
choses qui peuvent arriver dans la vie sans qu'on s'y attende.
Oui c'est comme ça, dans la nuit du 22 Décembre 1996, je discutais
chaudement avec les amis et je ne sais pas ce qui s'est passé, je me
suis seulement retrouvé à l'hôpital avec un corps qui
n'était plus le mien 2 ou 3 semaines plus tard. Je ne pouvais plus
bouger les jambes, ni tourner seul, d'autres personnes me mettaient la
nourriture à la bouche, et pire encore : j'avais d'énormes plaies dans
les fesses et sur les jambes, des plaies qui ne faisaient pourtant pas mal,
mais qui sentaient très fort. A l'hôpital quand on me faisait les
pansements, on portait des cache-nez. Cela me donnait l'impression que
j'attendais seulement la mort. C'est là-bas donc, je veux dire à
l'hôpital qu'on m'a appris qu'on m'avait poignardé dans le haut du
dos, et qu'on avait opéré deux fois, et que c'était la deuxième
fois seulement qu'on avait pu retirer la lame qui s'était cassée à
l'intérieur. Les Missionnaires italiens (P.I.M.E.) qui m'ont
transporté à l'hôpital et qui continuent à s'occuper
de moi m'ont alors conduit ici depuis le 19 Février 1997. Depuis on a
commencé à me faire de la rééducation, ce
n'était pas facile. On m'a réappris à tout faire, on m'a
soigné les plaies, vous savez avec quoi? Avec des oignons ! Oui des
oignons de cuisine. Vous ne trouvez pas cela drôle? Moi au
début, j'avais l'impression d'être une bonne viande prête
pour la cuisson, mais voyant l'évolution qui n'a pas tardé,
j'avais pleinement confiance. Mais alors ça fait mal, très mal.
Ouf, tout s'est bien termineé. Actuellement, je marche et je dis MERCI.
A la fin, j'attire l'attention de toutes les personnes sur ce qui se fait ici
pour les personnes comme moi, qui n'ont pas de famille et qui sont malades, je
leur demande d'aider les responsables du centre à faire mieux. Salut
les cops!
Je m'appelle BENGONO Chouchou Lydie. Je suis sourde. Quand je parle, on ne me
comprend pas bien et cela me gêne parce que j'ai beaucoup de choses
à dire. Jeanine a dit tout à l'heure que c'est elle la doyenne
ici. Ce n'est pas vrai. C'est moi la doyenne puisque je suis venue ici
l'année même qu'on a ouvert. Quand le prêtre faisait le messe
dehors, j'étais là. C'est après alors qu'on a
commencé l'apprentissage.
Moi, je m'appelle BEDIBI Marie Claire. Mon père est aveugle, il a seize
enfants. Nous habitons dans les villages qui sont derrière
l'aéroport. Pour arriver ici nous traversons la piste et nous voyons
les avions. Lorsque j'ai eu mon CEPE il y a deux ans, la petite soeur de
ma mère, donc ma tante est venue me chercher pour m'amener en ville.
Elle m'a mis dans un atelier pour apprendre la couture. Là-bas il
fallait verser 5 000F tous les mois, au début, c'est-à-dire les
deux premiers mois, ça a marché, mais après il n'y avait
plus d'argent. La dame de l'atelier ne me montrait rien, pourtant j'allais
chaque jour. Après, mon père est venu me chercher. Nous sommes
venus au village. Et cette année, mon père m'a inscrite ici
où j'ai déjà appris beaucoup de choses en peu de temps.
Je sais déjà pédaler à la machine, je sais
déjà faire des pull-over pour les bébés et je
connais beaucoup de points de broderie. Mes parents et moi sommes très
contents.
Moi, je m'appelle Agnès BOUM. Je suis contente d'être ici. C'est
le chez moi. Bonjour à tout le monde.
Je m'appelle Sophie. J'ai mal à la tête. J'étais d'abord
à Jamot. La Soeur Andréa et l'autre Soeur dont je ne connais plus
le nom m'ont alors amenée ici. Je suis là avec les autres. Je
fais des colliers. C'est moi-même qui ai fait celui que je porte
maintenant. J'aime ça. Puis j'aime préparer le manioc ou le
riz... c'est bon. Je veux le lait pour prendre le matin, mais il n'y en a pas.
Au revoir.
Je m'appelle MEZANG Etienne. J'ai 21 ans. J'étais à
Lomié, puis un matin du 4 novembre 1998, en me réveillant le
matin, ma face était déformée, un oeil ne se fermait plus,
l'oeil et le nez du même côté étaient inertes. On m'a
raconté des drôles d'histoires : que les sorciers m'avaient
mangé... J'ai vraiment eu peur. C'est alors que mon frère m'a
amené ici. Les responsables m'ont amené d'abord voir un
médecin en ville, qui a demandé des examens et a dit de faire de la
rééducation. Curieusement ici a commencé le traitement
avec l'argile, ce que je n'avais jamais imaginé avec d'autres exercices
et voilà, ça va mieux. Ma soeur est venue me voir l'autre jour
et elle était étonnée du succès rapide du
traitement. Je suis très content et de temps en temps je donne un coup
de main aux autres et cela me plait beaucoup.
Je m'appelle DOUMOU Suzanne. J'ai 18 ans. Je ne suis pas
infirme, ni mes parents. Mais dans ma famille nous apprécions le
travail qui se fait ici, c'est pour cela que je suis venue m'inscrire pour bien
apprendre. Le trimestre dernier, j'étais externe mais voyant les
besoins de service qu'il y a, j'en ai parlé à mes parents et ils
ont accepté que je vienne habiter là. Ma mère est
restée avec mon bébé de 2 ans. L'autre nuit Sophie est
tombée gravement malade, il fallait la conduire à
l'hôpital. Nous sommes partis. Le matin, elle allait mieux et moi
j'étais fière d'avoir rendu service. Je demande seulement aux
personnes qui ont les moyens et au Gouvernement d'aider le Centre. Merci.
Je suis DZINGA Solange. J'ai 34 -35 ans. Je suis paralysée d'un
côté, j'ai aussi des hématies falciformes. Je ne sais ni
lire, ni écrire, ni même faire quelque chose d'autre en dehors de
manger, parler, me déplacer. (Excusez-moi, si vous voyez des larmes
dans mes yeux). Mes parents m'ont soignée quand j'étais
enfant, ils m'amenaient à l'hôpital. On attendait du jour au
lendemain que je meurs. C'est pour cela qu'ils ne m'ont pas mise à
l'école. Et maintenant, ils disent que je suis sorcière et ils ne
peuvent plus me sentir. Mes parents étant séparés, chacun
trouve que je vais tuer ses enfants sains lorsque je vais chez lui. Lorsque je
suis chez un de leurs proches parents, on me montre du doigt en disant que c'est
la grande sorcière. Je suis alors venue ici où on m'a accueillie.
On a même commencé à m'apprendre à utiliser ma main.
On m'a fabriqué un petit métier et je fais des écharpes,
bientôt même je ferai des pull-over pour adultes et des robes. Je
sens que je suis aussi une personne comme les autres. Je dis à toutes
les personnes qui ont les possibilités d'aider le Centre qu'elles
continuent à aider les malheureux, les abandonnés, les
oubliés, je dirais les sorciers.
Je m'appelle Laurent. Je souffrais d'un mal de dos de longue date. Un
jour, je suis allé au Centre des oeuvres de la Face Sacrée. J'ai
vu Madame BESSOMO, elle avait 2 stagiaires : une Suissesse venant de
l'école d'ergothérapie de Lausanne (Patricia), et une
Camerounaise (Suzanne) qui travaillait avec elle. Elle m'a prescrit quelques
séances de rééducation. Par la suite elle m'a fait voir
le Professeur Camara au CNRH (Centre National de Réhabilitation des
Handicapés). Celui-ci a approuvé le traitement et
félicité les méthodes utilisées, à l'exemple
du sable chauffé qui remplaçait les infra rouge. Cet exercice
m'endormait profondément chaque fois que je l'avais au programme.
Après un certian temps, je me suis remis.
Moi, je suis ABADA Germaine, je suis la mère de la petite BISSA
Thérèse. Je viens d'un village près de Mbalmayo. Ma
fille est née le 31 Juin 1996. Elle n'a pas crié à la
naissance. On a dû la réanimer pour qu'elle survive. Je l'ai
alors portée pendant 2 ans et demi sans que sa tête tienne seule, sans se
tourner au lit, ni s'asseoir, ni ramper. Elle ne faisait rien d'autre en dehors de
manger. Un jour que j'étais au marché à Yaoundé,
vendre les vivres; les femmes ont commencé à plaindre mon sort.
Une dame qui connaissait le centre d'Ekoko m'a suivie et m'a appelée de
côté, puis elle m'a conseillé de venir ici. Ce que j'ai
fait le lendemain. Les résultats n'ont pas tardé. Ma fille
était comme un petit poulet, comme si elle n'avait même pas de
chaire, et je l'avais déjà conduite un peu partout. Actuellement,
ma fille va à 4 pattes, et elle se tient partout sur les objets. Quand
on est à la plantation, elle voudrait même déjà
grimper sur les bouts de bois. Cela fait seulement 3 mois que nous venons, 2
ou 3 fois par semaine, elle joue actuellement avec ses frères et
soeurs.
Je m'appelle MEKOU Robeline. Je viens d'Akonoinga, à plus de 100 Km
d'ici. Je suis venue pour apprendre à coudre, à tricoter et
à broder. Je donne aussi un coup de main aux personnes qui sont dans
le besoin. Etant donné que mes parents n'ont pas d'argent pour payer ma
formation, l'aide physique que je donne au centre remplace les frais à
payer. J'ai seulement des difficultés pour mes besoins personnels. Je
demande à toutes les personnes de venir aider le centre.
J'espère qu'elles viendront. Merci.
Les difficultés sont celles du centre. Elles sont à tous les
niveaux : du manque de locaux appropriés aux outils de travail.
A l'unité de rééducation fonctionnelle, il n'y a pas de
local approprié. Les quelques outils de travail sont à
l'extérieur, ce qui gêne le bon déroulement des travaux en
saison sèche et en saison des pluies.
Il n'y a pas de salle, ni d'outils appropriés pour soins infirmiers.
Les choses sont traînées à la main d'un endroit à un
autre.
A l'unité de formation, un autre problème se pose avec
acuité : les jeunes éprouvent le besoin de se présenter
aux examens. Cela renvoie donc au besoin d'enseignants pour les
matières comme le Français, les Maths, la Puériculture, la
cuisine. Parce que la formation que nous donnons entre dans l'Economie Sociale
et Familiale.
Par ailleurs, ces jeunes sont issus des familles très démunies,
n'ayant même pas de moyens de subsistance, donc ils ne peuvent vraiment
pas payer leur formation, malgré leur bonne volonté.
Les personnes qui assurent le travail le font jusque là à titre
bénévole. Certains reçoivent juste un sous de motivation.
Pour cette raison, nous sommes soumis aux abandons malgré nous. Au vu
de l'ampleur que nous prenons, il faut du salaire pour le personnel permanent
et temporaire, malheureusement les cas que nous avons sont purement sociaux.
Ils ne peuvent pas payer leurs services convenablement. Nous ne pouvons pas
les abandonner dans cette misère.
Malgré ces difficultés, nous sommes résolues à
aller de l'avant. Nous remercions toutes les personnes qui nous ont
assuré de leur soutien tout au long de l'année. Nous pensons au
Révérend Père Emmanuel Amen de Nsimalen qui a
été attentif toute l'année aux problèmes du centre,
aux Soeurs Marie Pierre et Andréa qui ont toujours répondu
à nos appels pour les besoins de santés des cas
compliqués; ces trois personnes remuent ciel et terre pour trouver un
organisme qui accepte de financer le projet "Eau" du centre. A Mademoiselle
Wos Véronique de Belgique qui a passé 6 mois au centre en
assurant les programmes de français et de mathématiques; à
Gilles et Cathy et tous les membres de Quartier Jeunes (Bruxelles) qui sont venus
étudier les voies et moyens pour la construction de l'unité de
formation et qui ont fait démarrer les travaux de fondation; à la
Fédération Nationale des Associations des Handicapés du
Cameroun qui a contribué à la recherche des moyens pour les dits
travaux, à Eccam Placage à Mbalmayo qui nous a aidées avec
du bois de construction et à Cimencam à Douala qui nous a
aidées avec du ciment; à Mademoiselle Anne Sophie Corthay et
à l'Association Métissage de Suisse qui son venues
connaître nos difficultés, pendant leur séjour, Anne Sophie
a participé activement à l'encadrement des malades; à son
Excellence, Madame TOVA Levy Furman, Ambassadeur d'Israël au Cameroun qui
a assuré personnellement le petit déjeuner des résidents
ainsi que la lessive pendant tout le mois de décembre et les a
gavés de pâtisseries et de boissons à Noël; à
tous les membres de la LISOFHAC qui ne cessent de déployer des efforts
pour faire fonctionner le centre.
Nous interpellons particulièrement au niveau national, le
Ministère de l'Education Nationale, le Ministère de la Jeunesse et
des Sports, le Ministère du Travail, pour l'affectation des enseignants
et des encadreurs d'une part, et d'autre part au niveau international, nous
interpellons l'UNICEF, l'OIT, l'UNESCO, et le PNUD, pour qu'ils nous aident
à résoudre certains de nos problèmes.
Nous lançons un vibrant appel à toutes les personnes
animées du respect de l'être humain de nous aider à aller
de l'avant. Leur contribution, quelque minime soit elle est un pas vers
l'évolution des êtres en difficulté. Nos portes sont
ouvertes à tous.
Nous les attendons.
Merci de votre bienveillante attention.
Monique Bessomo
C.5 La parole aux usagers du Centre
Je n'avais jamais été à l'école, mais
j'étais déjà grande lorsque ma grand mère m'a
amenée ici. On a alors commencé à m'apprendre à
coudre, à tricoter et à broder. Je travaillais mieux que les
autres qui savaient lire. Maintenant je viens de temps en temps apprendre aux
autres comment travailler. Vous ne trouvez pas que j'ai gagné? Il faut
dire aux jeunes de venir beaucoup, moi même je vais leur apprendre parce
que je connais. Au revoir.
Ayant vu ce qui se fait au Centre, j'ai décidé de donner des coups
de main de temps en temps quand je peux, je fais surtout les courses à
l'extérieur. Pour terminer, je lance un appel à tout le monde,
leur demandant de faire quelques gestes qui puissent sauver le Centre, d'une
manière ou d'une autre. Nous devons entretenir cette flamme, nous en
avons besoin. Merci.
Je voudrais dire aux gens de ne jamais négliger les conseils qu'on peut
vous donner. Si tu as un problème, parles-en autour de toi et tu
trouveras de solutions. Que toutes les mamans qui ont des enfants que les gens
appellent <<serpent>>, comme on disait du mien, les amènent
ici. Elles auront de bons résultats. On va d'abord les rassurer que leurs
enfants ne sont pas des serpents. C'était le premier remède qu'on
m'a donné et cela m'a personnellement remonté le moral. II - Difficultés
III - Conclusion, remerciements et suggestions
Présidente de la LISOFHAE
et Directrice du Centre
des oeuvres de la Face Sacrée.
"Echo no 2" ; "Echo no 3" ; "Echo no 4" ; Monique Bessomo ;
Centre des Oeuvres de la Face Sacrée .