Le Club Jeunesse Africaine pour la Culture et l'Education

Présente

Paroles et écrits de femmes
Amazone98
1er Salon des écrivaines africaines sub-sahariennes
Du 2 au 5 décembre 1998

Forum : La critique littéraire africaine et la littérature des femmes
Du 3 au 4 décembre 1998

Université de Ouagadougou (Burkina Faso)

Parrainage: Ministère de la Promotion de la Femme et Ministère de la Communication et de la Culture.


Introduction
L'expression littéraire des femmes africaines au sud du Sahara a émergé bien avant les indépendances avec la parution des ouvrages de la Sud-africaine Nadine Gordimer (Face to Face, 1949, nouvelles), de la Zimbabwéenne Doris Lessing (The Grass is Singing, 1950, roman), et de la lycéenne Camerounaise Marie-Claire Matip (Ngonda, 1958, autobiographie).

Au lendemain des indépendances, c'est au tour du Sénégal, du Kenya, du Nigeria, du Ghana, du Cameroun et du Zaïre de se faire entendre avec respectivement les voix d'Annette M'Baye d'Erneville, de Grace Ogot, de Flora Nwapa, d'Etua Sutherland, de Thèrèse Kuoh-Moukoury et de Clémentine N'Zuji. L'Afrique du sud et le Ghana sont de nouveau au rendez-vous avec cette fois Bessie Head et Christina Ama Ata Aïdoo.

A la faveur de l'année Internationale des Femmes, la production des femmes va s'accroître avec l'entrée en scène de la malienne Aoua Kéita, des Sénégalaises Nafissatou Diallo, Kiné Kirama Fall, Aoua Thiam, Aminata Sow Fall, Mariam Bâ, de la Camerounaise Wèrèwèrè Liking et des anglophones Buchi Emecheta (Ghana), Micere Mugo (Kenya), Miriam Tlali (Afrique du sud), Molara Ogundipé Nigeria). Au début des années 80, des romancières et des poètes se font remarquer d'un peu partout en Afrique avec des écritures aux accents rebelles. Elles ont pour noms, Angèle Rawiri, Regina Yaou, Ken Bugul, Tanella Boni, Véronique Tadjo, Aminata Maiga Ka, Calixthe Beyala, Assamala Amoi, Marie N'diaye, Bernadette Sanou, Khadi Fail etc. La décennie 90 consacre cette parole devenue femme avec des publications de plus en plus régulières et des talents promoteurs, Aicha Diouri, Philomène Bassek, Sokima Benga, Mariama N'doye Mbengué etc.

Tout comme les écrivains, les écrivaines sont confrontées aux divers problèmes d'édition, de distribution et de promotion. Mais à la différence de ceux-ci, elles doivent en outre, faire face à des contraintes d'ordre socioculturel liées à leur statut de femmes dans des sociétés à hiérarchie masculine dominante. Tous ces facteurs pourraient expliquer la méconnaissance de leur travail et c'est pourquoi nous avons voulu initier ce cadre de réflexion dont le but est de permettre aux écrivaines, aux critiques littéraires et aux différents professionnels du livre d'analyser ensemble la problématique de cette parole autre qui s'affirme.

Ce premier cadre de rencontres se veut une action majeure en vue de donner un regain de vitalité à cette littérature trop longtemps marginalisée. Ses principaux objectifs seront

- Faire découvrir et apprécier l'expression littéraire des africaines aux professionnels et aux amateurs du livre africain.

- Accroître le degré de motivation à la lecture et à l'écriture afin de susciter et de favoriser un épanouissement culturel au sein des jeunes sur lesquels repose le lourd héritage d'une Afrique à la dérive.

- Promouvoir la diffusion du livre produit par les femmes

Cette première manifestation littéraire consacrée aux femmes sera sans conteste une réussite Si elle est soutenue par les autorités administratives, les professionnels du livre, les gens de culture et le grand public de lecteurs sans lesquels il ne saurait avoir de création littéraire. Ce regroupement des inconditionnels de la plume créera dans une certaine mesure un engouement pour l'unité, ce qui sera sans doute, un pas modeste vers l'intégration culturelle africaine tant prônée.

Présentation du Salon

Le premier salon des écrivaines africaines constituera un cadre privilégié de rencontres, d'échanges et de promotion de cette littérature. Il regroupera du 2 au 5 décembre les écrivaines, les professionnels du livre (enseignants, critiques, éditeurs, distributeurs, imprimeurs, journalistes spécialisés) et le grand public.

Les participants pourront, au cours de cette manifestation, nouer entre eux des contacts directs et entreprendre des actions de promotion de leurs travaux. Des exposés, des panels, des séances de dédicaces, des visites de stands agrémenteront cet événement culturel.

Ce premier salon des écrivaines africaines sera aussi l'occasion de rendre d'une part des hommages mérités à Mariama Bâ, Flora Nwapa, Aoua Kéita, Bessie Head et Nafissatou Diallo, ces pionnières de l'écriture féminine africaine et ces grandes figures des lettres africaines, trop tôt disparues et dont les oeuvres ont fait le tour du monde, ont été traduites en plusieurs langues et continuent de faire l'objet de travaux intéressants et de discussions passionnantes. D'autre part, nous ne devrions pas oublier de saluer le mérite d'écrivains comme Mongo Beti et Sembène Ousmane qui ont grandement contribué à la cause des femmes par leurs descriptions réalistes des conditions de vie des femmes africaines. Ces deux romanciers de talent ont apporté leurs pierres à l'édification d'une Afrique nouvelle où les femmes devraient avoir leur place et il n'est que légitime de leur rendre ici l'hommage qui leur est dû. Leur présence est un témoignage de vie et d'engagement qui ne manquera pas de nous inspirer.

Présentation du Forum

Le forum qui se tiendra en marge du salon des écrivaines africaines sous le thème général de : <<La critique littéraire africaine et la littérature des femmes>> permettra aux participants de réfléchir aux entraves qui freinent l'épanouissement de cette forme d'expression, somme toute nouvelle dans l'arène littéraire africaine.

L'objectif principal du forum est de créer une opportunité de rencontres et d'échanges entre les professionnels du livre (enseignants, éditeurs, libraires, critiques) et les écrivaines afin de discuter des problèmes de l'édition, de la distribution et de la promotion de leurs livres.

Il vise aussi à favoriser (si les intéressées le jugent nécessaire), l'élaboration d'une structure qui permettra aux uns et aux autres d'avoir une plus grande audience sur la scène littéraire africaine et internationale. Cette structure qui pourrait s'appeler l'inter - africaine des écrivaines et des professionnels du livre africain assurerait une plus grande diffusion de leurs différents travaux.

Conception : Angèle Bassolé O.
Réalisation : JACE & ICM


Renseignements: Angèle Bassolé Ouédraogo
Mise à jour 12 août1998.
http://www.arts.uwa.edu.au/AFLIT/amazones98.html


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