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Cadette d'une famille de quatre enfants, Bertille Eléonore Dizuna est née le 8 janvier 1972 à Libreville. Célibataire, cette Gabonaise a donné naissance à trois garçons (Ludger, Anderson, Phil). Elle vit en France depuis 2001, un pays qui lui donne la possibilité de s'exprimer librement. Après avoir été obligée de quitter son pays natal où elle exerçait son métier de journaliste, Bertille Eléonore Dizuna a trouvé une nouvelle voix dans le pays de Voltaire: celle de l'écriture. Très attirée par la spiritualité et l'ésotérisme, elle déclare avoir toujours été confrontée aux mondes des esprits et des fantômes dans son village de Mouila (Gabon). Sous le pseudonyme de Patrick Faudresse, Bertille Eléonore Dizuna vient de publier le premier tome d'un roman fantastique, "Les moustiques vengeurs", fruit d'un travail de longue haleine. Au cours de 122 pages et 20 chapitres, elle entraîne les lecteurs dans une histoire qui met en exergue les différentes facettes des moustiques, ces insectes qui prolifèrent sur toute la planète et notamment dans les pays tropicaux où ils provoquent des maladies souvent incurables voire mortelles. Les récentes pandémies dans l'océan indien et dans les Antilles Guyane en témoignent. Rencontre avec Bertille Eléonore Dizuna, alias Patrick Faudresse. |
Parlez-nous de votre enfance, où avez-vous effectué vos premières études ?
J'ai évolué au sein d'une grande famille, dans un domaine que tenait de main de maître mon grand père aujourd'hui décédé. Je me régalais des contes de ma grand-mère Angélina. Ils n'intéressaient pas mes cousins et cousines et suscitaient mon imagination. Ce n'était pas une intellectuelle, mais grâce à ses conseils, j'ai pu résoudre beaucoup d'énigmes dans ma vie, notamment à l'école où j'ai appris à aimer les sciences naturelles, la physique et les langues.
Vous parlez beaucoup de cette grand-mère. Quel rôle a-telle joué dans votre vie ?
J'ai grandi en France avec mes parents. A la suite de leur divorce, mon père s'étant remarié, je suis allée vivre au Gabon avec ma grand-mère, une femme formidable qui croyait à ma réussite scolaire. Elle m'a apporté tout l'amour que mon père n'a pas su me témoigner. Je remercie ma grand-mère Angélina sans qui mon imagination n'aurait pas eu cette émulation. Elle m'a élevé et transmis l'éducation qu'elle a reçue des siens. Elle a beaucoup fait pour moi et je la remercie constamment pour sa patience et son humilité. Ma grand-mère me suppliait de relater l'histoire de notre famille par écrit. Je lui en fis le serment. Je lui dédie la réalisation et la réussite de ce roman et tous les autres que j'aurais à écrire.
Depuis plusieurs années, vous vivez en Françe. Est-ce par choix ou par obligation ?
Vous savez on ne quitte pas sa chère patrie par choix.... mais on prend des résolutions qui nous permettent de nous dépasser et de laisser certaines rancunes s'apaiser. Cette obligation m'a remise sur le droit chemin, mieux elle m'a permis d'être en phase avec moi-même. Ce laps de temps passé hors de chez moi, a été un véritable coup de fouet lancé en pleine figure dont la cicatrice se referme à peine. J'ai perdu ma sœur aînée... Cette situation a éveillé en moi la volonté de combattre et de m'affirmer davantage. J'ai fait la paix avec moi-même. C'est la chose la plus importante à retenir.
Pourquoi étiez-vous obligée de quitter votre pays ? Des raisons professionnelles ?
Quand on éprouve le besoin de reculer ou de sauter, mieux vaut le faire. Pour essayer de faire quelque chose, il ne faut jamais attendre que la perche qui vous est tendue soit brisée par celle qui la tend.
Qu'est-ce France vous a apporté ?
C'est un pays que je retrouve car j'y ai passé une partie de mon enfance. La France est un pays de droit.
Il y a quelques mois vous avez publié votre premier livre, quel en est le contenu ?
Un vampire fatigué - le comte Lord Vick qui vit en reclus au sommet de sa colline - utilise des moustiques dressés par lui pour se procurer du sang humain. Ces bestioles provoquent une épidémie dans la ville de Cokce et le professeur Nash se démène tant bien que mal pour trouver l'origine de cette épidémie. Une enquête est diligentée, suite à la disparition subite de plusieurs personnes. Elle est menée par les lieutenants Barrington et Jerry. Je n'en dirais pas plus...
Pourquoi avoir choisi un pseudonyme masculin ?
Lorsque j'ai achevé de rédiger "Les moustiques vengeurs", ma grande sœur Flore Edwige, décédée en février 2002, me l'a conseillé en songe. Je l'ai écrit la première fois avec une autre orthographe et elle est revenue. C'est à la troisième tentative que je suis parvenue à retranscrire ce nom et à contenter son souhait. J'assume sa volonté qui devient la mienne.
Doit-on aujourd'hui vous appeler Patrick ou Bertille ?
Patrick.
Est-ce une manière de rester dans l'anonymat par rapport à votre passé ?
Pas du tout. Je reste liée et rattachée à ce passé et les journalistes qui me connaissent m'appelleront toujours Bertille et cela restera à jamais. C'est ce nom qui m'a fait connaître. Sauf que je dois suivre une autre voie et cette dernière nécessite une refonte complète qui ne s'est pas faite seulement en pensée, mais aussi en action. Le fait d'adopter un autre nom me donne une personnalité supplémentaire que les gens ne connaissaient pas et que j'ai découvert au gré de mon imagination.
Quel est le public visé par votre roman ?
La jeunesse en particulier. Cependant c'est un sujet palpitant qui devrait intéresser toutes les populations du monde. Le comte Lord Vick manie la langue française avec beaucoup de dextérité et d'humour et adopte le langage de son époque, ce qui nécessite un vrai exercice des neurones pour amener le jeune public à le suivre.
Pourquoi un livre sur les moustiques, qu'est-ce que cet animal évoque pour vous ?
Lorsque je suis rentrée au Gabon, c'est le premier insecte auquel j'ai été confrontée. Une piqûre de moustique est compréhensible dans certains cas, mais plusieurs moustiques qui vous assaillent en même temps et leur bourdonnement perpétuel dans vos oreilles, c'est agaçant et perturbant. Le second contact vient du fait que mon fils aîné a souffert du paludisme en 1989. C'est horrible et difficile à vivre pour une mère de voir son fils convulsé sans pouvoir rien y faire. C'est à la suite de tout cela que j'ai commencé mes recherches sur la maladie et les moustiques. J'ai lu plusieurs livres et rencontrés plusieurs professionnels de la santé afin de mieux cerner la maladie de mon fils, car le traitement recommandé par le médecin ne produisait aucun effet sur lui. Heureusement, mon fils ne souffre plus de cette pathologie et je remercie le tradipraticien pour son vaccin traditionnel à base de plantes.
"Les moustiques vengeurs" : qu'est-ce qui se cache derrière ce titre très significatif ?
Ils existent plus de 3300 espèces de moustiques dont 1/3 sont porteurs de maladies. Certaines sont contagieuses: paludisme, Chikungunya, le West Nile et la Dengue... Une exception est à mentionner en ce qui concerne le West Nile qui transmet l'encéphalite du cheval. Pour le reste, il faudrait attendre les tomes suivants pour avoir la réponse à cette question pertinente.
Quelle est ta place du fantastique dans tout ça ?
Je reconnais être très portée et attirée par ce genre littéraire, car il me permet de transcender mon imaginaire. Le fantastique fait appel à l'irréel et, dans mon livre, il y a des faits inexpliqués et inexplicables. C'est dans ce seul genre littéraire-fiction que mes faits surnaturels sont expliqués et acceptés comme normaux par mes personnages. C'est justifié, car le cadre est imaginaire, irréaliste et étrange, d'où le côté fantastique qui peut faire appel à l'imagination de tout un chacun. L'absence de décor - qui est presque inexistant - et le maigre descriptif des personnages dénotent le fantastique... Aux lecteurs de se faire une idée du lieu avant de le découvrir dans un des tomes.
Concrètement qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur les moustiques ?
Que si nous ne prenons garde à cette menace, nous courrons à notre perte car le réchauffement de la planète leur est très favorable. Les moustiquaires ne protègent que lorsque les individus sont dans leur lit et les moustiques sont aujourd'hui immunisés contre les insecticides. Le moustique est un animal qui a traversé des décennies et au fil de ce parcours, il s'est adapté à notre mode de vie, notre environnement. La femelle du moustique continue à s'abreuver pour sa ponte, c'est à elle qu'il faut s'attaquer. C'est un animal en perpétuelle mutation qui a une réactivité aux insecticides très remarquable. La vocation première est avant tout de sensibiliser les gens sur les risques qui nous guettent en négligeant ce phénomène planétaire. Dans un pays où le risque est faible, l'ampleur sera plus dévastatrice car nous le savons, le temps de réaction est toujours tardif. Dans les pays tropicaux, beaucoup d'efforts sont menés (moustiquaires imprégnées ou pas, insecticides et autres inventions) pour changer les mentalités des populations et éviter la prolifération des moustiques. Mais, vous savez avec le réchauffement de la planète, les pays hivernaux ne seront plus à l'abri de leur phase d'hibernation et là... ?
Quel est le moustique le plus dangereux pour les régions tropicales et comment s'en débarrasser ?
Le West Nile, qu'on dénomme aussi virus du Nil occidental, a été découvert en Ouganda, mais il sévit déjà dans plusieurs régions du globe, notamment aux Etats-Unis. La dangerosité du moustique se manifeste par l'ampleur de la maladie. Les moustiques sont tous dangereux. S'en débarrasser ? J'attends de voir... Je ne pense pas que se débarrasser du moustique soit une piste à envisager car il est bénéfique à l'environnement. Atténuer sa prolifération en éduquant nos populations pour suivre à la lettre les consignes véhiculées par les services de santé qui luttent régulièrement pour limiter les décès me para&icric;t plus probable. Une astuce transmise par ma grand-mère : prendre un comprimé de Nivaquine une fois par semaine à titre préventif, sans abus et doser selon l'âge de la personne. Cela nécessite l'avis de son médecin traitant car certaines personnes sont allergiques à ce comprimé. De sorte qu'une fois la maladie déclarée, l'organisme réagit plus rapidement. Couvrez vos portes et fenêtres de moustiquaires et dans une pièce hermétiquement fermée, allumez une ou deux bougies, les moustiques sont bizarrement attirés par la lumière et au contact de la flamme périssent.
Propos recueillis
par Frantz Montoban
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