Marie Julie NGUETSE
Auteur du roman "D'Amour et de flèches"
Une interview par Jean-Marie Volet
  Cet entretien a eu lieu le 19 juillet 1999, à Yaoundé, dans les bureaux du Crac.  

"D'Amour et de flèches" est votre premier roman ?

Oui, le premier publié. J'ai deux ou trois ébauches dans mes tiroirs qui n'ont pas été publiées. Et j'ai aussi un nouveau roman que je viens de finir et qui est prêt à partir chez l'éditeur.

Comment en êtes-vous venue à l'écriture ?

J'aime lire. Ici au Cameroun, les gens qui lisent pour des raisons non professionnelles sont plutôt rares, car les circonstances ne s'y prêtent pas. Le peu de temps libre des gens est plutôt consacré à une activité qui va leur permettre de gagner un peu d'argent pour survivre.

Mais les gens ont quand-même lu votre roman ?

Oh ! Oui, les gens autour de moi et mes collègues ont été très contents de lire mon livre, mais ça n'empêche pas que ce soit très difficile d'écrire et de publier.

Même quand on parle d'Amour et des gens d'ici ?

Oui. Mais c'est vrai que je me suis inspirée du milieu qui m'entoure. Ce sont des personnages imaginaires mais ils reflètent la société, le milieu qui m'entoure, les gens qui vivent autour de moi.

Et les thèmes ?

Il s'agit de thèmes sociaux, de thèmes qui ne vieillissent pas, l'amour, la stérilité, le désir d'avoir un enfant, tous ces thèmes influencent la manière d'être des personnages et ce qu'ils font.

Comment expliquez-vous l'attitude du Prince qui est un de vos personnages principaux ?

Oui, là j'ai voulu montrer deux choses. D'un côté, qu'un jeune homme riche qui n'a pas besoin de se battre pour la vie, glisse facilement dans une vie futile et indécise de coureur de jupons. D'un autre côté, cependant, un jeune chef comme mon héros n'est pas libre. Il doit se soumettre aux exigences de la "chefferie" et, comme c'est le cas dans le roman, si la femme n'a pas d'enfants, il doit prendre une seconde femme...

Vous parlez des chefferies comme si elles avaient encore une place dans la société actuelle. Est-ce le cas ?

Très certainement, les chefferies traditionnelles ont encore beaucoup de pouvoir au Cameroun et elles demandent que le bien de la collectivité soit placé avant les sentiments personnels. Mon roman parle de princes et de rois dans le contexte très réel du monde contemporain camerounais.

Vous mentionnez également la sorcellerie, croyez-vous à ces forces surnaturelles ?

Il s'agit d'une science que certains maîtrisent, mais que le commun des mortels ne maîtrise pas, mais ça existe.

Merci Madame Nguetsé.


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Editor (jeanmarie.volet@uwa.edu.au)
The University of Western Australia/French
Last updated: Thursday, 5-11-1999
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