Marie Julie NGUETSE
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    Marie Julie Nguetsè (épouse Tsafouet) est née au Cameroun. Après des études au Lycée de Bafoussam et à l'Ecole de Bertoua, elle devient institutrice. Depuis 1993, elle enseigne à Mbanga, une petite ville à la périphérie de Douala. Comme ses collègues, elle doit faire face à des classes très nombreuses, comptant souvent jusqu'à une centaine d'élèves. Madame NGUETSE a 5 enfants, le plus jeune ayant 14 mois et l'aîné 11 ans (en 1999).

    Hommage à David Ndachi Tagne : Mort le 09 octobre 2006 à Yaoundé et inhumé le 21 octobre 2006 à Baleng.

    Ouvrages publiés

    D'Amour et de flèches ! Abidjan: Passerelle, 1998 (141p.). ISBN: 2 910613 30 5 / 2 910518 23 X. Roman.





    Ce matin-là, un soleil radieux brillait sur la ville. Les papillons multicolores voltigeaint de fleur en fleur. Les pigeons, dans une danse frénétique, venaient frôler de leur ventre les herbes, pour s'élancer aussitôt beaucoup plus haut dans le ciel. Les roses avaient éclos, et leurs pétales s'ouvraient, telles des trophées de bonheur. Dschang s'éveillait, dans une ambiance à la fois douce, chaude et spectaculaire. Tout était beau. Aussi beau dans la cité que dans le coeur de Jomie. On eût dit que la terre entière vibrait au diapason de cette fille. Sinon l'inverse. De son refuge habituel, elle avait une vue magnifique sur cette cité qui avait été autrefois le fief des Allemands.

    Un prince héritier et une étudiante se rencontrent à un bal. L'homme a une réputation de coureur de jupons et la jeune femme est plutôt du genre rangée et exigente. L'amour ne passe-t-il pas souvent par les échanges de flèches ? Et lorsque dans un royaume, même moderne, la princesse ou la reine est stérile, n'y a-t-il pas une lourde menace sur la dynastie ? D'Amour et de flèches ! révèle les dessous d'une Afrique où, par le sexe, par le fétiche ou par l'arme, l'individu cherche à assouvir ses appétits, Le destin est certes incontrôlable, mais les batailles pour le pouvoir, pour la fortune et même pour la survie font appel aussi bien à l'homme qu'au diable et...à Dieu. Dans ce roman au ton à la fois simple et sensuel, le désespoir; l'abondance côtoie l'angoisse.

    Graine de sang. Youndé : Editions Sherpa (B.P. 241 Yaoundé), email: Edi-Sherpa@yahoo.fr, 2002. (204p.). ISBN 9956-32-005-6. Roman.





    CHAPITRE 1
    Dans les flammes de la passion

    - Es-tu sûre d'avoir bien réfléchi? Es-tu sûre que tu ne regretteras pas ce geste impulsif ? Avec les difficultés économiques que nous traversons en ce moment, on n'abandonne pas son emploi sur un coup de tête, tu risques ne plus en trouver un. Si seulement tu pouvais m'écouter!
    - Ah! Si tu me lâchais! je viens ici pour trouver un peu de repos et toi, tu me harcèles avec tes sermons.
    Mandy avait parlé sans desserrer les dents, sans se retourner, les yeux fixés désespérément au plafond comme si elle pouvait y lire une réponse à son chagrin. Elle était si lasse, si déprimée. C'est vrai ! Elle avait besoin de repos ! Brigitte le comprit à son air égaré, à sa respiration irrégulière, à ce regard vide et lointain. Elle comprit aussi qu'il fallait changer de tactique, si elle voulait percer le mystère dans lequel s'était enkystée son amie depuis des semaines. Elle jeta un second appât; tentative qui ne fut pas vaine.


    Résumé : Jeune infirmière, Mandy aime Jérôme Temfack un jeune avocat qu'elle a rencontré à la clinique où elle travaille ; ce dernier l'aime également et voudrait l'épouser. Mais cet amour est contrarié par la présence de Prisca, l'ex-fiancée de Jérôme, par l'attitude hautaine de la mère du jeune homme vis-à-vis de Mandy et surtout par la conscience qu'elle a de leurs différences sociales. Désespérée, la jeune infirmière décide de disparaître afin que Jérôme ne la retrouve pas. Elle abandonne son travail, un patron amoureux et des malades qui l'adorent pour se réfugier à Douala, chez son amie Brigitte.
    Les quatre mois qu'a duré la fugue de Mandy sont caractérisés par la solitude, la souffrance, et une recherche infructueuse d'un emploi. Jérôme y met fin en retrouvant sa dulcinée et en lui extorquant les raisons de sa disparition. On en apprend ainsi sur les origines troubles de la jeune fille, abandonnée à la naissance dans une poubelle, sur ses peurs et sur les vieux démons qui la hantent.
    Les révélations de Mandy n'empêchent pas Jérôme de l'épouser. Le bonheur dans lequel nage le jeune couple est interrompu par la maladie génétique, souvent liée à la consanguinité, dont est atteint l'enfant que porte Mandy. La mort dans l'âme, cette dernière accepte la solution irrévocable des médecins et subit une IVG (Interruption volontaire de grossesse).
    Une semaine passée dans sa belle-famille la pousse à entreprendre des recherches sur ses origines. Voulant percer le « mystère » de Christine, la fille défunte de la tante de Jérôme, Mandy finit par découvrir l'inimaginable: sa belle-mère est en fait sa mère. A la frénésie de connaître ses origines succède le désespoir de perdre Jérôme et surtout la rage de se retrouver en face de sa mère indigne. Mandy décide de se venger de sa mère. Elle y parvient sans peine et pousse l'audace jusqu'à faire écouter ses ébats avec M. Temfack-père à sa « belle-mère » après lui avoir envoyé des lettres anonymes.
    Avant de s'envoler pour Abidjan, elle prend soin d'envoyer à Thérèse Temfack des photos compromettantes. Accablé, le père de Jérôme se suicide ; Mandy et lui font la une des journaux. Après avoir découvert que Bony qu'elle rencontre en Côte d'Ivoire sous une fausse identité est son géniteur, elle décide de s'en venger également. Elle le pousse au divorce et séduit son fils adoptif, William Bony. Sous l'identité de Maïmouna, elle arrache William à Tania, sa fiancée. Emportée par sa fougue vengeresse, elle oublie de se protéger et se retrouve enceinte de William qui veut l'épouser et garder l'enfant. Maï est déroutée; elle se croyait stérile depuis l'IVG subie quelques années auparavant.
    Maïmouna ne peut plus rester à Bouaké. Elle doit mener à bout le dernier acte de la pièce qu'elle a montée et s'attèle à confronter ses différentes victimes. Prétextant un voyage au Cameroun, elle se retrouve à Abidjan d'où elle envoie un télégramme à sa mère, la veuve Temfack de la part d'Alfred Bony, son ancien amant. Jérôme Temfack intercepte le message et découvre la vérité sur sa mère et sur Mandy. Succession de faits et révélations plantent le décor de la scène finale. Thérèse Temfack est arrivée à Abidjan, son fils Jérôme aussi, qui se rend directement chez Mandy alors que celle-ci se prépare à aller se faire avorter. Il s'ensuit une discussion houleuse. Jérôme a pardonné et veut aider sa soeur à tourner la page, à arrêter de se détruire. Mais celle-ci est obstinée : elle tient à jouer cette scène, à voir le dégoût, le mépris, la haine et la souffrance se peindre sur ces visages qu'elle aime et haït en même temps.
    Choc, émotion confusion, ressentiment, déception .... tout y passe et s'ensuit la réconciliation: Mandy et William se marient et donnent naissance à un garçon qui vit avec Thérèse Temfack et Jérôme.

    [Résumé proposé à la fin du livre aux pages 197-99]

    Le Péché des agneaux. Chennevières-sur-Marne: Editions Dianoïa, 2007. (114p.). ISBN: 978-2-913126-48-0. Roman. [Préface de Félix N. Bikoi].





    Chapitre I
    Les murs du palais


    Que celui qui est pur de tout péché jette la première pierre ! ...

    Sur cette terre de tempête ébranlée, errent les âmes tourmentées. Les âmes dont les cœurs en mille morceaux errent en quête de repos. Dans les cœurs de femmes à jamais meurtris, le sang, fleuve enragé, flot houleux, bat à contre-courant la cadence lyrique des soldats partis en guerre. Il tambourine, il percute ! Il coule, il gicle ! C'est un océan désertique où brûlent tous les soleils brûlants de midi : c'est l'univers à genoux, qui pleure l'humanité en perdition.

    Et l'Afrique dans tout cela ?

    « Je suis bien plus que cela. Et du haut de mes gigantesques monts sacrés je prie et désespère ; je t'invite, toi qui m'épies et que je surprends, à suivre la danse de mes lèvres desséchées par les vents torrides du Kalahari et du Sahara. As-tu reçu les oreilles initiées ?
    Ecoute donc le bruissement de la brise du soir dans les buissons humides. Tes yeux, des flèches du magicien ont-ils été percés, et ton corps, a-t-il séjourné dans les eaux marécageuses de la Sangha? Attention! Suis-moi. Mais de grâce, suis-moi et reste muet. Muet comme ces tombes là-bas ! Ces tombes où gisent ces corps sans tête ».


    « Marie-Julie Nguetse a construit un univers dans lequel le mystère côtoie la banalité et le quotidien, dans lequel les dieux cheminent avec des hommes qui se croient élus. Mais peut-être les dieux se jouent-ils des hommes en construisant le devenir de l'Afrique ? Un devenir oxymorique dans lequel la liberté et le destin écrivent ensemble la partition de l'avenir.» (Quatrième de couverture).

    Pour en savoir plus

    Interview de Madame Nguetsè (1999)

    Axel Bayiga. "Marie-Julie Nguetsé, romancière, auteur D'Amour et de Flèches", Amina 362 (juin 2000), p.65.

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    Editor (jvolet@cyllene.uwa.edu.au)
    The University of Western Australia/French
    Created: 3 February 2003
    Modified: 25 April 2008
    http://aflit.arts.uwa.edu.au/NguetseMarieJulie.html