Elizabeth TCHOUNGUI
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    Franco-Camerounaise, Elizabeth Tchoungui est journaliste. Elle a présenté le Journal sur TV5 pendant plusieurs années et le magazine culturel « Ubik » sur France 5. (Quatrième de couverture de son roman)
    Lors d'une interview publiée dans Amina en 2006 (voir ci-dessous), elle affirmait : « J'ai tenu pendant douze ans un journal intime, de ma onzième année à mes vingt-trois ans. Cela m'a permis de m'entraîner. J'écrivais aussi des poèmes et je lisais beaucoup. [...] Je souhaitais rendre hommage au français d'Afrique. Je trouve que l'Afrique est le continent où la langue française a le plus de vitalité. Elle se renouvelle comme nulle part ailleurs, chaque jour de nouvelles expressions y apparaissent. [...] Je désirais écrire un conte de fées des temps modernes. Je voulais que le personnage principal soit une femme car je trouvais important de rendre hommage à mes sœurs africaines, à leur courage, leur dignité et leur dynamisme car elles sont l'avenir de l'humanité et de l'Afrique en particulier... »

    Ouvrage publié

    Je vous souhaite la pluie. Paris : Plon, 2006. (236p.). ISBN 2 259 20291 8. Roman.






    Elle avait trop d'orgueil pour faire boutique mon cul. Dommage, c'était un lourd handicap. Quand Dieu vous a concédé la plus belle chute de reins du quartier Essos, les pommettes les plus saillantes de Yaoundé 4e arrondissement, le sourire le plus dévastateur de la province du Centre, et la peau la plus veloutée du Cameroun, ne pas écarter ses cuisses fuselées à qui mieux mieux, c'est se fermer les portes du paradis, se faire reléguer au purgatoire par un saint Pierre énervé, tout en désapprobation lippue :
    — Vois-moi cette fille-là! Elle croit même que quoi? Vrai de Dieu, elle n'a rrrrien compris! Mouf! rentre alors chez toi, au quartier.
    Le quartier, l'horizon modèle réduit de Ngazan. Les journées s'y écoulaient dans les remugles de graillon et de latrines, monotones et rudes. Une de plus commençait, un lever difficile après une nuit passée à s'agiter sur sa paillasse coriace sans trouver le sommeil. Minuit, Dieu qu'il fait chaud, son pagne colle aux moindres replis de son corps.


    « Une histoire comme celle-là, bien des Camerounaises en rêvent. Ngazan Ella Belinga est serveuse quelque part à Yaoundé. Un soir, elle rencontre un "white" à qui elle a manifestement tourné la tête. Sans "tobassi" parce que Ngazan est une fille honnête. Une espèce en voie de disparition tant "le dehors a les dents". Et bientôt, le Blanc la "dote". Et bientôt, ils se marient. Et bientôt, ils montent à "mbeng". Là-bas en France, Ngazan découvre ce qui, pour bien des sœurs et frères restés au pays, est l'eldorado. Elle a toujours aimé lire et s'est mise, elle-même, à écrire des nouvelles et un roman. Comme elle a le "ntong" et du talent, l'éditeur qui s'intéresse à son manuscrit et pas à son "dombolo" la publie. Le livre marche et voilà Ngazan "en haut". Ah mama ! Un conte de fées tropicalisé. » Stéphane Tchakam Cameroon Tribune (Yaoundé), 28 Février 2006.

    Collectif. Sept filles en colère [Les petits matins] Paris : Les petits matins, 2007. (236p.). ISBN 978-2-915-87926-1. Nouvelles.

    Pour en savoir plus

    NB. "Elisabeth Tchoungui signe son premier roman 'Je vous souhaite la pluie'". Amina 429 (Janvier 2006), pp. XLVI-XLVII.

    Nadia Khouri-Dagher. "Elisabeth Tchoungi. Une femme indépendante fait peur à l'homme". Amina 448 (August 2007), p. LXXXVII.


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    Editor (jvolet@cyllene.uwa.edu.au)
    The University of Western Australia/French
    Created: 17 March 2006
    Modified: 5 September 2007
    http://aflit.arts.uwa.edu.au/TchounguiElizabeth.html