Fama DIAGNE SENE
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    Fama Diagne Sène est née en 1969 à Thiès, au Sénégal où elle a fait ses études primaires et secondaires avant d'aller à l'IUMFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) de Bonneuil en France. Elle a été institutrice avant d'enseigner l'histoire et la géographie dans un lycée de Thiès. En 2004, elle poursuivait ses études en Suisse, à Genève. Son premier roman a remporté le "Grand Prix 1997 du Président de la République du Sénégal pour les Lettres".

    Pour en savoir plus, consulter le blog de Fama Diagne Sène qui comporte toutes les informations nécessaires sur ses activités littéraires actuelles, son œuvre, etc. [Consulté le 29 janvier 2008].

    Ouvrages publiés

    Le Chant des ténèbres. Dakar: Les Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, 1997 (154p.) Roman ISBN: 27236-1109-4
    Prix du président de la République du Sénégal pour les Lettres, 1997.






    Dix neuf heures. Le soir tombait. Par la fenêtre de ma chambre dont le rideau était relevé, je regardais la nuit descendre lentement sur Tchida. Combien de fois avais-je, à la même heure, assisté de ma nouvelle chambre au même spectacle ? Je ne saurais le dire. J'avais l'impression d'avoir toujours vu l'univers à travers cette minuscule fenêtre, ce qui renforçait mon sentiment d'être emprisonnée dans une cellule étouffante. D'ailleurs j'étais réellement une prisonnière, mon père me tenait enfermée dans ce réduit où autrefois on stockait la paille destinée au bétail. Isolé de la vaste maison, le lieu était exigu; sa toiture en zinc était si basse que je craignais parfois, en dépit du bon sens, de la heurter du front. Il me paraissait incroyable que papa, mon papa qui m'appelait Yaay Booy parce que je portais le prénom de sa mère, ait pu me confiner dans ce débarras infect.
    Tout est arrivé très vite le mois dernier. Je ne me souviens plus de rien. J'avais passé la nuit avec mes soeurs comme à l'accoutumée, dans la grande chambre commune; le lendemain matin, au réveil, tout autour de moi avait changé.


    Le poncepilatisme d'un père peut s'expliquer par la désertion d'une mère du domicile conjugal. La folie, elle, c'est sûr, trouve dans un foyer éclaté un terrain propice à son éclosion. Mais pourquoi Madjigeen, au doux sobriquet de Yaay Boy, plutôt que l'une quelconque de ses soeurs ? Mystère parmi tant d'autres que le roman brasse sans les élucider. Mais Tanti, la tante abhorrée ? "Coquille vide qui roulait sans bruit", Yaay Boy émergera fugacement des ombres de la démence pour l'occire et se retrouver pensionnaire chez Baay, le tradipraticien, mélange d'anachronismes et d'instincts.
    (Quatrième de couverture)

    Humanité Editions Maguilen et Editions Damel, Dakar et Genève, n.d. [2002] (30 p.) Recueil de poèmes





    MIROIRS

    Sous les étoiles, les larmes des choses
    Si elles ont une âme, elles ont des larmes
    Exister pour elles, c'est honorer la vie qui meurt.
    Autour du monde tombe le voile du mensonge
    Vérité crue, images roses
    Masques et casques sur la mer bleue
    Regards fluides, verdures d'astres
    Murmures d'hommes sur les reflets du jour
    Souffles de femmes sur les étoiles nocturnes
    Du miroir des âges...
    Face et profil, chevet de vie
    Portraits froissés des Couloirs d'enfance,
    Rires et pleurs des Joies éphémères
    D'une vie qui passe et s'efface
    D'une image vue partout et nulle part
    Sous la porte des jours qui meurent.


    Recueil de poésie divisé en trois parties, la dernière dédiée à « Véronique Béatrice Kayounga, partie avec son sourire d'or le 26 septembre 2002 au coeur de la nuit dans "le Joola" en navigation » (p.25).

    La Momie d'Almamya Dakar: Les Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, 2004. (264p.). ISBN 2 7236 1489 1. Roman.





    Lundi 26 avril 1999, la nuit mourait. Le jour se préparait à naître derrière les collines nues de Alou Kagne. Des constellations pâlissantes luisaient encore dans un immense tapis d'ombres et de lumières. Un coq chanta ; puis le ciel frissonna. L'étoile du matin jaillit des ténèbres, tourna un moment sur elle-même, et fila vers le levant en laissant à l'horizon une lumière irrisée.
    Thiès se mit debout pour un nouveau jour d'anxiété, de haine, de conflits qui naissaient s'amplifiaient sous les silences coupables, et s'éternisaient audacieusement sans que nul n'ose désigner les coupables.
    L'étau, de plus en plus, se resserrait autour du rêve des hommes. Et moi-même, en contemplation devant la clairière de Kagne, frissonnais encore sous mon drap d'angoisse.
    J'étouffais.


    « Dans un coin perdu de Conakry, Ashley la Française, Yamar le Sénégalais et Soumana le Guinéen se retrouvent autour du sarcophage contenant la momie d'une Anifla parée des fastes de Néfertiti. Une histoire pleine de péripéties, au cœur des rites et des traditions qui nous plongent dans le passé pour nous en faire renaître, riches d'une humanité nouvelle. » (Quatrième de Couverture)

    Pour en savoir plus

    Samba Gaye. "Entre la raison et la folie: Interview de Fama Diagne Sène, écrivain sénégalais". Yëgóo No. 1, mars 2001, pp. 5-6. (Yëgóo, B.P. 5270, Dakar-Fann).

    Van Dam, Julie. Des ténèbres à la lumière : Un entretien avec la romancière sénégalaise Fama Diagne Sène. Mots Pluriels No. 20 (2002).

    "Fama Diagne Sène" La maison des auteurs (2008). [Consulté le 29 janvier 2008].

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    Editor (jvolet@cyllene.uwa.edu.au)
    The University of Western Australia/French
    Created: 6-April-1998
    Modified: 29-January-2008
    http://aflit.arts.uwa.edu.au/SeneFamaDiagne.html